Deux destins, deux frustrations, une mĂȘme rĂ©alitĂ© de la boxe française. Aux derniers championnats de France de boxe disputĂ©s au Parc dâOlhain, deux noms ont retenu lâattention : VahĂ© Narsisyan et Nassim Nouri. Le premier a poussĂ© jusquâen demi-finale chez les plus de 65 kg, stoppĂ© aux points par le champion en titre, membre de lâĂ©quipe de France. Le second a vu son aventure sâarrĂȘter brutalement en huitiĂšme, sur dĂ©cision arbitrale, Ă cause dâun saignement de nez alors quâil menait au score. Pas de ceinture, pas de photo avec la mĂ©daille autour du cou. Ă la place : de la rage, des regrets, et ce goĂ»t amer que seuls ceux qui montent vraiment sur le ring connaissent.
DerriĂšre ces rĂ©sultats bruts, il y a des heures de prĂ©paration physique, du cardio boxe sur des parkings vides, des sĂ©ances de sparring oĂč on teste son mental plus que sa garde, des sacrifices sur la nutrition, le sommeil et le temps libre. Il y a aussi la violence froide des dĂ©cisions : un 4â1 chez les juges, un arrĂȘt mĂ©dical jugĂ© âprĂ©ventifâ, un podium qui se joue sur un dĂ©tail. Ces championnats, ce nâest pas juste une ligne sur un palmarĂšs. Câest un rĂ©vĂ©lateur de mental de boxeur, un crash test pour ceux qui rĂȘvent dâĂ©quipe de France, de stages nationaux, de championnats dâEurope.
Ce rĂ©cit ne parle pas seulement de dĂ©faites. Il met en lumiĂšre ce qui se passe quand le gong a sonnĂ© pour la derniĂšre fois du week-end. Comment encaisser la frustration sans tout envoyer valser ? Comment utiliser une demi-finale perdue ou un arrĂȘt incompris pour revenir plus solide ? Comment garder la motivation sport quand le systĂšme semble pousser contre toi ? Câest lĂ que se joue la vraie diffĂ©rence entre un pratiquant occasionnel et un fighter qui transforme chaque revers en carburant. Les histoires de VahĂ© et Nassim sont le miroir de ce que vivent des centaines de boxeurs amateurs en France : pas de flashs, pas de camĂ©ras, mais un mindset de combat qui peut inspirer tous ceux qui sâentraĂźnent, gants ou pas.
En bref :
- VahĂ© Narsisyan atteint les demi-finales des championnats de France plus de 65 kg, aprĂšs un quart de finale en âgrosse guerreâ remportĂ© 4 juges Ă 1.
- Il sâincline ensuite aux points contre Djamel Djemal, champion de France en titre et mĂ©daillĂ© europĂ©en, mais gagne en visibilitĂ© et espĂšre un appel pour un stage en Ă©quipe de France.
- Nassim Nouri remporte son seiziĂšme de finale Ă lâunanimitĂ©, domine le dĂ©but de son huitiĂšme, avant que lâarbitre nâarrĂȘte le combat sur un saignement de nez.
- Frustration maximale pour Nassim, qui se sent capable de continuer : un exemple concret de la dureté des décisions en boxe anglaise.
- Dans lâombre, le jeune Hugo Machado-Juignet, cadet plus de 46 kg, enchaĂźne les combats rĂ©gionaux avant de viser lui aussi les championnats de France.
- LâĂ©pisode met en lumiĂšre le vrai mindset sportif : encaisser, analyser, revenir plus fort, sans se cacher derriĂšre des excuses.
Championnats de France de boxe : le parcours explosif de Vahé Narsisyan
Les championnats de France de boxe ne pardonnent pas. Chez les plus de 65 kg, la densitĂ© est Ă©norme : des punchers, des techniciens, des gars avec une grosse expĂ©rience internationale. Dans ce dĂ©cor, la performance de VahĂ© Narsisyan ne se limite pas Ă un simple âparcours honorableâ. Câest une vraie montĂ©e en puissance qui montre ce que donne un entraĂźnement boxe sĂ©rieux combinĂ© Ă un mental propre aux fighters.
Son week-end dĂ©marre par un quart de finale brĂ»lant face Ă Antar Badri, un boxeur venu de Toulouse. Trois rounds de guerre totale. Pas une danse lente, mais un combat avec des prĂ©parations dâentrĂ©es, des changements de rythme, des dĂ©placements travaillĂ©s Ă lâentraĂźnement. Le genre de duel oĂč la moindre baisse de garde se paye cash. Les juges tranchent : 4 sur 5 en faveur de VahĂ©. Câest plus quâun score. Câest la preuve que son style parle aux officiels : actif, propre, engagĂ©.
Ce rĂ©sultat ne tombe pas du ciel. Il dĂ©coule de semaines Ă bosser le cardio boxe, Ă rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes techniques de frappe, Ă enchaĂźner sac, pattes dâours et sparring. Ceux qui rĂȘvent de faire ce type de parcours sans cette base solide se mentent. La boxe, surtout Ă ce niveau, ne rĂ©compense pas lâapproximation. Elle rĂ©compense les heures invisibles, les footings dans le froid, les rounds de shadow quand tout le monde scrolle sur son tĂ©lĂ©phone.
Le lendemain, câest un autre monde : demi-finale contre Djamel Djemal, membre de lâĂ©quipe de France, champion national en titre et mĂ©daillĂ© de bronze aux championnats dâEurope. Sur le papier, lâĂ©cart semble Ă©norme. Sur le ring, câest un combat engagĂ©, sĂ©rieux, oĂč la diffĂ©rence ne se fait pas sur le courage mais sur les dĂ©tails. Djamel est plus grand, plus rapide en dĂ©placement. Il gĂšre la distance, contrĂŽle le timing. VahĂ© encaisse, rĂ©pond, tente dâimposer son rythme. Ă la fin, les points ne penchent pas pour lui.
Perdre contre un boxeur de ce calibre, ce nâest pas un Ă©chec, câest un crash test. Face Ă un international, chaque dĂ©faut de garde, chaque appui mal posĂ©, chaque seconde de flottement ressort comme sous un projecteur. Câest lĂ que le mental de boxeur fait la diffĂ©rence : soit tu tâeffondres en mode âje ne suis pas au niveauâ, soit tu te dis âok, jâai vu la marche, maintenant je bosse pour la monterâ. VahĂ© choisit la deuxiĂšme option. Il repart sans mĂ©daille, mais avec plus prĂ©cieux : une place dans les radars nationaux et lâespoir clair de rejoindre un stage en Ă©quipe de France.
Ce qui marque, câest cette luciditĂ© : accepter la dĂ©faite, mais refuser de se dĂ©finir par elle. Comprendre que ce genre de combat peut ouvrir la porte Ă des sĂ©lections futures, tant que le grind continue. Ce type dâattitude, câest dĂ©jĂ du haut niveau : garder la tĂȘte froide, mĂȘme quand le cĆur chauffe.
Pour tous ceux qui sâentraĂźnent dans leur club en rĂȘvant de ces scĂšnes, la trajectoire de VahĂ© rappelle une vĂ©ritĂ© simple : on ne contrĂŽle pas toujours la dĂ©cision, mais on contrĂŽle toujours la prĂ©paration. Et câest lĂ que tout se joue.

DĂ©faite, frustration et arrĂȘt arbitral : le cas Nassim Nouri
Si la demi-finale de VahĂ© raconte lâaffrontement avec le trĂšs haut niveau, lâhistoire de Nassim Nouri met en lumiĂšre un autre visage de la boxe anglaise : celui des dĂ©cisions qui laissent un goĂ»t de sang et dâinachevĂ©. Son championnat commence parfaitement. En seiziĂšme de finale, il domine son adversaire de bout en bout. RĂ©sultat : victoire Ă lâunanimitĂ© des juges. Clair, net, sans dĂ©bat. Le genre de combat oĂč tu sors du ring avec la confiance bien vissĂ©e.
Le problĂšme, câest que la boxe ne te laisse jamais te reposer longtemps sur tes lauriers. Le lendemain, Nassim enchaĂźne avec son huitiĂšme de finale. Il rentre dedans, gagne le premier round, prend aussi le deuxiĂšme. Les signaux sont au vert. Dans un championnat Ă Ă©limination directe, mener deux rounds, câest Ă©norme. Tu te rapproches dâun quart, tu commences Ă visualiser les phases finales, Ă te projeter. Puis vient ce troisiĂšme round qui bascule tout.
Nassim commence Ă saigner du nez. Pas une fracture ouverte, pas un KO violent, mais un saignement que beaucoup ont dĂ©jĂ connu en sparring ou en combat. Pour lui, câest gĂȘnant mais gĂ©rable. Pour lâarbitre, câest un drapeau rouge. DĂ©cision : arrĂȘt du combat. Pas de possibilitĂ© de retour, pas de âon laisse finir et on vĂ©rifie ensuiteâ. La frustration explose. Nassim se sent capable de continuer, il estime avoir le dessus sur son adversaire et voit la porte se fermer brutalement.
Câest lĂ que la frontiĂšre entre protection et frustration devient vive. Les arbitres ont la lourde responsabilitĂ© de protĂ©ger les boxeurs, surtout dans un contexte amateur oĂč la santĂ© doit rester prioritaire. Mais dans la tĂȘte dâun fighter, quand le cĆur tient, quand les jambes rĂ©pondent, quand le mental hurle âlaisse-moi finirâ, cette prudence ressemble Ă une injustice. Cette sensation de se faire voler un morceau de combat est lâune des plus dures Ă digĂ©rer dans le mindset combat.
Combien de boxeurs ont quittĂ© le ring en se disant : âJâaurais pu continuerâ ? Câest une phrase classique, mais dans ce cas prĂ©cis, elle pĂšse lourd. Nassim ne conteste pas juste un rĂ©sultat. Il conteste le fait de ne pas avoir Ă©tĂ© au bout de ce quâil avait en lui. La diffĂ©rence est Ă©norme. Perdre aux points aprĂšs trois rounds pleins, tu sais exactement oĂč tu as merdĂ©. Perdre sur arrĂȘt arbitral alors que tu menais, tu restes avec des questions qui tournent en boucle.
Cette situation montre aussi Ă quel point le mental de boxeur ne se construit pas uniquement Ă travers les victoires. Il se forge sur ces soirs oĂč tu dois encaisser un verdict que tu trouves injuste, sans tomber dans la paranoĂŻa ou la victimisation. Tu peux choisir de tout balancer sur lâarbitre, le systĂšme, la malchance. Ou tu peux transformer ce feu intĂ©rieur en motivation sport brute : plus de travail sur la gestion de la casse physique, sur les petites blessures, sur la façon de rassurer le coin et lâarbitre quand ça commence Ă saigner.
Pour un lecteur qui pratique la boxe dĂ©butant, cette histoire rappelle une rĂšgle brutale : tu ne maĂźtrises pas tout sur un ring. Ni lâadversaire, ni les juges, ni les coups du sort. Ce que tu peux maĂźtriser, câest ta rĂ©action aprĂšs coup. Nassim sort frustrĂ©, mais sâil transforme cette rage en discipline supplĂ©mentaire, en rigueur accrue sur sa prĂ©paration physique et sa dĂ©fense, alors cette soirĂ©e ne sera pas une fin, mais un tournant.
DĂ©cisions arbitrales et mental de boxeur : apprendre Ă encaisser lâincontrĂŽlable
Les arrĂȘts arbitraux et dĂ©cisions serrĂ©es font partie de lâADN de la boxe. Certains combats de lĂ©gende se sont jouĂ©s Ă un point prĂšs, Ă une coupure, Ă un regard de lâarbitre. Ă haut niveau comme dans les championnats nationaux, il faut intĂ©grer cette dimension : tu nâes pas seulement face Ă un adversaire, tu es aussi dans un cadre avec des rĂšgles, des juges, des mĂ©decins.
Le vrai mental de boxeur, celui qui dure dans le temps, ne consiste pas Ă hurler systĂ©matiquement au scandale. Il consiste Ă rester lucide. Ă se dire : âOk, je nâai pas eu la fin de combat que je voulais. Comment je bosse pour que, la prochaine fois, mĂȘme avec un arrĂȘt, ma supĂ©rioritĂ© soit tellement nette que personne ne discute ?â Cela peut passer par une meilleure gestion du rythme, une technique plus propre pour limiter les dĂ©gĂąts, ou encore un travail spĂ©cifique sur la dĂ©fense et la garde pour rĂ©duire le risque de blessures superficielles.
Ce qui est certain, câest que ces Ă©pisodes construisent du caractĂšre. Ils trient ceux qui voulaient juste âfaire un championnatâ et ceux qui sont prĂȘts Ă revenir aprĂšs coup dur. Dans le fond, la boxe reste fidĂšle Ă sa philosophie : tâapprends pas Ă encaisser dans un livre, tâapprends en te relevant.
Du ring Ă la tĂȘte : transformer la dĂ©faite en carburant mental
Que ce soit une demi-finale perdue face Ă un champion ou un huitiĂšme stoppĂ© trop tĂŽt, la question est la mĂȘme : quâest-ce quâon fait de cette dĂ©faite ? La plupart des gens veulent le plaisir de gagner sans le prix Ă payer quand ça tourne mal. La boxe, elle, ne laisse pas le choix. DĂ©faite ou victoire, il faut revenir en salle. Câest lĂ que le vrai travail commence, loin des projecteurs des championnats de France.
La premiĂšre Ă©tape, câest dâaccepter la rĂ©alitĂ©. VahĂ© a perdu aux points. Nassim a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© sur dĂ©cision mĂ©dicale. Ce sont des faits. Tant que tu restes bloquĂ© dans le âça aurait dĂ» se passer autrementâ, tu te coinces toi-mĂȘme. Le mindset sportif solide commence par cette honnĂȘtetĂ© brutale : reconnaĂźtre que lâhistoire est Ă©crite, et que la seule page que tu peux encore modifier, câest la suivante.
Ensuite vient lâanalyse. Pas le crachat de frustration, pas le dĂ©brief de vestiaire en mode âcâest la faute deâŠâ. Une vraie analyse : relecture des rounds, retour avec le coach, questionnements concrets. OĂč ça a coincĂ© ? Gestion de distance ? Volume de coups ? DĂ©fense sur le direct arriĂšre ? Endurance ? Ce travail de dĂ©corticage transforme une dĂ©faite en plan dâaction. Sans ça, câest juste une douleur sterile.
Pour tâaider Ă structurer cette transformation, voici un exemple de plan que beaucoup de fighters utilisent aprĂšs un Ă©chec dans un grand rendez-vous :
- Revue vidéo : revoir le combat au calme, sans son, en se concentrant sur les appuis et la garde.
- Analyse avec le coach : séance dédiée pour lister les points à améliorer (technique, mental, condition physique).
- Plan dâentraĂźnement ciblĂ© : intĂ©grer 2â3 focus prioritaires dans le programme (par exemple, travail du jab, gestion de la pression, sortie dâangles).
- Travail mental : visualisation, respiration, gestion du stress avant combat.
- Retour rapide au combat : reprendre le rythme avec un combat rĂ©gional ou un sparring dur pour ne pas laisser la peur sâinstaller.
Ce type de routine nâest pas rĂ©servĂ© aux pros. Un boxe dĂ©butant peut lâappliquer aprĂšs un simple sparring compliquĂ©. La mĂ©canique est la mĂȘme : on encaisse, on comprend, on corrige. Le tout, câest de ne pas rester dans lâĂ©motion brute trop longtemps. La colĂšre peut ĂȘtre utile comme Ă©tincelle, mais derriĂšre, il faut du calme pour construire.
Il y a aussi une dimension identitaire. Beaucoup de combattants se dĂ©finissent trop par leur rĂ©sultat : âje suis fort parce que jâai gagnĂ©â, âje suis nul parce que jâai perduâ. Mauvais deal. Un vrai lifestyle boxeur, câest autre chose : câest sâidentifier au processus, pas seulement au rĂ©sultat. Ătre fier dâĂȘtre celui qui revient Ă la salle le lundi, mĂȘme aprĂšs une sale soirĂ©e. Ătre celui qui tient sa discipline sur la nutrition, le sommeil, la rĂ©cup, mĂȘme quand le palmarĂšs ne brille pas encore.
Câest ce quâon retrouve chez des exemples historiques : des grands champions ont encaissĂ© des dĂ©faites trĂšs tĂŽt, parfois violentes, avant de dominer leur Ă©poque. La diffĂ©rence ? Ils ont pris chaque revers comme un bilan, pas comme une condamnation. Tu peux faire pareil, que tu te prĂ©pares pour un gala local ou pour des Ă©lites nationales.
Au final, un combat perdu peut devenir le meilleur coach que tu aies jamais eu, Ă une condition : accepter de lâĂ©couter vraiment.
Routine mentale dâaprĂšs-combat pour garder le mindset combat
Pour ne pas te laisser engloutir par la frustration, tu peux mettre en place une petite routine mentale aprÚs chaque combat, surtout aprÚs une défaite. Voici un exemple simple, adaptable à ton niveau :
Juste aprĂšs le combat, prends dix minutes seul, loin du bruit. Respire. Tu viens de vivre un orage dâadrĂ©naline, ce nâest pas le moment de dĂ©cider si tu arrĂȘtes la boxe ou si tu veux devenir champion du monde. Une fois au calme, note trois choses que tu as bien faites, puis trois choses Ă amĂ©liorer. Ăa peut ĂȘtre âbonne agressivitĂ©â, âbonne garde en dĂ©but de combatâ, âtrop statique sur les cordesâ, âcardio en baisse dernier roundâ.
Le lendemain, revois ça Ă froid avec ton coach. Transformez ces points en exercices concrets : drills, rĂ©pĂ©titions techniques, travail de prĂ©paration physique. En quelques combats, tu verras une diffĂ©rence Ă©norme dans ta progression. Câest exactement ce qui sĂ©pare ceux qui stagnent de ceux qui montent marche aprĂšs marche.
EntraĂźnement boxe et discipline : le travail invisible derriĂšre les championnats
Les noms qui sortent des championnats de France de boxe font rĂȘver, mais ce quâon ne voit pas, câest le quotidien derriĂšre. VahĂ© qui sâaccroche contre un champion de France, Nassim qui domine avant un arrĂȘt discutable, Hugo qui prĂ©pare dĂ©jĂ ses prochains combats : tous ont un point commun, une base massive dâentraĂźnement boxe et de discipline. Sans ça, impossible dâexister Ă ce niveau.
Un boxeur qui vise ce genre de compĂ©tition doit gĂ©rer plusieurs blocs : technique, physique, mental et rĂ©cupĂ©ration. Oublier lâun dâeux, câest crĂ©er une faille que quelquâun exploitera. La technique permet de toucher sans se faire toucher. Le physique permet de maintenir le rythme trois rounds (ou plus) sans sâeffondrer. Le mental permet de rester lucide quand ça chauffe. La rĂ©cup Ă©vite dâarriver cramĂ© le jour J.
Pour mieux visualiser ce que cela représente, voilà un tableau typique de répartition hebdomadaire pour un boxeur amateur préparant un gros rendez-vous :
| Jour | Matin | Soir | Objectif principal |
|---|---|---|---|
| Lundi | Footing léger + mobilité | Technique de boxe + sac | Reprise, travail des bases |
| Mardi | Préparation physique (force) | Drills offensifs + défense | Puissance et précision |
| Mercredi | Repos actif ou cardio léger | Sparring contrÎlé | Mise en situation réelle |
| Jeudi | Cardio boxe fractionnĂ© | Shadow boxing + pattes dâours | Endurance spĂ©cifique |
| Vendredi | Renfo gainage | Sparring plus intense | Gestion de la pression |
| Samedi | Technique ciblĂ©e (faiblesses) | Ătirements + rĂ©cupĂ©ration | Correction des dĂ©tails |
| Dimanche | Repos complet | Repos complet | Régénération mentale et physique |
Ce type de semaine nâest pas âfacultatifâ. Câest la norme pour exister face Ă des mecs comme Djamel Djemal ou pour survivre dans des tableaux nationaux. Sans cette discipline, tu peux ĂȘtre courageux, tu peux ĂȘtre explosif, mais tu seras vite exposĂ©. Le haut niveau amateur ne rĂ©compense plus seulement le talent brut. Il rĂ©compense surtout ceux qui alignent les semaines sĂ©rieuses.
Ă cĂŽtĂ© de ça, la nutrition du fighter joue un rĂŽle clĂ©. Poids Ă tenir, Ă©nergie Ă gĂ©rer, rĂ©cupĂ©ration Ă optimiser. Un boxeur qui enchaĂźne les repas alĂ©atoires, les sodas et les nuits courtes perdra toujours contre un mec un peu moins douĂ© mais beaucoup plus rigoureux. La discipline, ce nâest pas juste se pointer Ă la salle. Câest organiser toute sa journĂ©e autour du progrĂšs, mĂȘme quand personne ne regarde.
Ceux qui suivent les trajectoires comme celle de VahĂ© le voient bien : participer Ă un championnat de France, ce nâest pas un week-end sorti de nulle part. Câest la consĂ©quence logique de mois de travail silencieux. La scĂšne ne montre que la pointe de lâiceberg. Le reste, câest toi, ton sac de sport, et les choix que tu fais tous les jours.
Au final, la diffĂ©rence entre un spectateur et un boxeur, câest simple : lâun regarde les combats, lâautre en prĂ©pare un.
Adapter son entraßnement boxe aprÚs un échec
AprĂšs une dĂ©faite, beaucoup de boxeurs rĂ©agissent dans lâexcĂšs : certains veulent tout changer, dâautres ne veulent rien changer. Les deux options sont mauvaises. La bonne approche, câest dâajuster. Si tu as manquĂ© de cardio au troisiĂšme round, tu renforces le cardio boxe avec du fractionnĂ© et des circuits spĂ©cifiques. Si tu as pris trop de directs, tu bosses la garde, le slip and counter, les dĂ©placements latĂ©raux.
LâidĂ©e nâest pas de devenir un boxeur diffĂ©rent, mais une version plus complĂšte de toi-mĂȘme. Câest exactement ce qui permet, Ă terme, de revenir plus solide dans un prochain championnat, plutĂŽt que dâaccumuler les mĂȘmes erreurs. Chaque revers te donne un message prĂ©cis sur ton jeu. Ă toi de le traduire en sĂ©ances concrĂštes.
Hugo Machado-Juignet et la relĂšve : lâĂ©cole française de la frustration productive
Dans lâombre des demi-finales et des arrĂȘts polĂ©miques, un autre nom commence Ă circuler : Hugo Machado-Juignet. Cadet 2, plus de 46 kg, il prĂ©pare son cinquiĂšme combat Ă Villenave-dâOrnon, puis enchaĂźne avec les championnats de France. Son parcours nâest pas encore sous les projecteurs, mais câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que tout se construit. Avant les podiums, il y a les petites salles, les galas rĂ©gionaux, les dĂ©placements en minibus avec les coachs et les coĂ©quipiers.
Pour un jeune comme Hugo, regarder des boxeurs comme VahĂ© et Nassim, câest comme regarder un futur possible. Dâun cĂŽtĂ©, une demi-finale arrachĂ©e dans une catĂ©gorie dense. De lâautre, un arrĂȘt arbitral qui laisse un trou dans le ventre. Ces histoires deviennent des repĂšres. Elles montrent que mĂȘme en France, sur le circuit amateur, le chemin est semĂ© de coups durs et de frustrations. Mais elles montrent aussi que ceux qui restent debout aprĂšs ça ont une vraie chance dâaller loin.
Ce qui fait la force de cette gĂ©nĂ©ration, câest justement cette capacitĂ© Ă transformer la frustration en carburant. Le gamin qui voit son idole locale se faire stopper sur un saignement de nez comprend trĂšs vite que rien ne sera âpropreâ ni âparfaitâ. Il comprend quâun style de vie de boxeur, ce nâest pas que les gants neufs et les photos sur les rĂ©seaux. Câest des dĂ©cisions injustes, des blessures, des sacrifices, des soirĂ©es sans reconnaissance.
Pourtant, câest lĂ que la boxe devient une vraie Ă©cole de vie. Un jeune boxeur apprend tĂŽt Ă :
- GĂ©rer la pression dâun combat alors que la famille et le club regardent.
- Encaisser la frustration dâune dĂ©cision discutable sans exploser ni abandonner.
- Respecter la discipline dâun programme dâentraĂźnement, mĂȘme sans promesse de mĂ©daille.
- Travailler son mental au mĂȘme titre que son jab ou son crochet.
Ce package, câest exactement ce que cherchent aussi des entrepreneurs, des Ă©tudiants, des gens en reconversion : un modĂšle de mindset sportif concret, pas juste des citations inspirantes. La boxe donne ça brut, sans filtre. Tu veux progresser ? Monte sur le ring. Tu as perdu ? Retourne tâentraĂźner. Tu es frustrĂ© ? Mets ça dans le sac, pas dans les excuses.
Ă travers les parcours de VahĂ©, Nassim et Hugo, on voit se dessiner une rĂ©alitĂ© forte : la France regorge de boxeurs amateurs qui vivent ce grind au quotidien. Ils ne font pas la une de tous les mĂ©dias, mais ils incarnent ce que beaucoup prĂ©tendent chercher : rigueur, persĂ©vĂ©rance, mental dur comme le cuir. Pour ceux qui lisent ces lignes en hĂ©sitant Ă pousser la porte dâune salle, le message est simple : tu nâas pas besoin dâĂȘtre champion pour apprendre Ă penser comme un fighter. Tu as juste besoin dâaccepter de prendre des coups, sur le ring comme dans la vie, et de revenir le lendemain.
Le reste, ce sont des gants, de la sueur, et cette petite voix qui te rĂ©pĂšte : âMonte sur le ring.â
Comment gérer la frustration aprÚs une défaite en championnat de France de boxe ?
La clĂ©, câest de laisser retomber lâĂ©motion avant dâanalyser. Prends du recul 24 Ă 48 heures, revois le combat Ă froid avec ton coach, liste ce qui a bien et mal fonctionnĂ©. Transforme ensuite la frustration en plan dâaction concret : ajustements techniques, travail de cardio boxe, renforcement mental. La dĂ©faite devient utile uniquement si elle dĂ©bouche sur des changements prĂ©cis dans ton entraĂźnement.
Un arrĂȘt arbitral sur saignement de nez est-il frĂ©quent en boxe amateur ?
Oui, surtout en boxe amateur oĂč la sĂ©curitĂ© prime. Les arbitres et mĂ©decins peuvent interrompre un combat dĂšs quâils estiment quâun saignement ou une blessure prĂ©sente un risque. Câest frustrant pour le boxeur, mais cela fait partie du cadre rĂ©glementaire. Pour limiter ce risque, il est utile de travailler la dĂ©fense, la garde serrĂ©e et la gestion du contact pour rĂ©duire les touches nettes au visage.
Quel type dâentraĂźnement faut-il pour prĂ©parer un championnat de France de boxe ?
Il faut un mĂ©lange de technique, de prĂ©paration physique et de travail mental. ConcrĂštement : 3 Ă 5 sĂ©ances de boxe par semaine (technique, sparring, sac), 2 Ă 3 sĂ©ances de prĂ©paration physique (force, explosivitĂ©, cardio) et une vraie rigueur sur la rĂ©cupĂ©ration et la nutrition. Lâobjectif est dâarriver avec un bagage complet : bonne condition, garde solide, capacitĂ© Ă tenir trois rounds Ă haute intensitĂ©.
Comment un jeune boxeur peut-il progresser vers le niveau national ?
En accumulant des combats rĂ©gionaux, en restant rĂ©gulier Ă lâentraĂźnement et en sâentourant dâun coach sĂ©rieux. Il est important de travailler les bases (jab, garde, dĂ©placements), de soigner le cardio et de participer progressivement Ă des compĂ©titions de plus en plus relevĂ©es. La constance, plus que le talent brut, ouvre la porte aux championnats de France.
Faut-il un talent particulier pour avoir un mental de boxeur ?
Le mental se construit plus quâil ne se reçoit. La boxe, par sa nature, tâoblige Ă affronter la peur, la fatigue, la frustration. En enchaĂźnant les sĂ©ances, les sparrings et les combats, tu dĂ©veloppes ton mindset : courage, patience, capacitĂ© Ă revenir aprĂšs un Ă©chec. La vraie question nâest pas âSuis-je fait pour ça ?â mais âSuis-je prĂȘt Ă rester dans le processus assez longtemps pour me forger ?â.
Source: www.ladepeche.fr


