Maho Bah-Villemagne, premier boxeur transgenre français, s’apprĂŞte Ă  livrer son premier combat professionnel en ThaĂŻlande

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Maho Bah-Villemagne, 31 ans, va enfin faire ce que beaucoup annonçaient comme impossible : monter pour la première fois en professionnel chez les hommes, à Phuket, en Thaïlande. Pas de projecteur hollywoodien, pas de storytelling lisse. Juste un boxeur qui a traversé une transition, encaissé les refus administratifs, perdu des combats amateurs et choisi de continuer à avancer là où d’autres auraient rangé les gants. Son histoire parle de boxe, bien sûr, mais surtout de mental de boxeur, de discipline et de ce besoin vital de prouver, à soi-même d’abord, qu’on a sa place sur le ring.

Ce combat pro en Thaïlande, dans une ville touristique saturée de bruits, de scooters et de salles de combat, ne sort pas de nulle part. Avant Phuket, il y a eu une finale des championnats de France chez les femmes, une transition reconnue par la justice, quatre défaites d’affilée en amateurs chez les hommes, et une fédération française qui délivre une licence pro… alors même que le chemin pour boxer en France reste verrouillé. Plutôt que de tourner en rond, Maho part là où on laisse les fighters s’exprimer : dans les camps de Muay Thai, sous 33°C, deux entraînements par jour, sparring dur et cardio qui brûle les poumons. C’est cette trajectoire brute, sans filtre, qu’il incarne : celle d’un boxeur qui choisit le grind plutôt que les débats de salon.

En bref :

  • Premier combat professionnel de Maho Bah-Villemagne chez les hommes, Ă  Phuket, en ThaĂŻlande, sur un format de quatre rounds.
  • Parcours atypique : finaliste des championnats de France amateurs fĂ©minins avant sa transition, puis quatre combats amateurs masculins difficiles Ă  Marseille.
  • Transition reconnue lĂ©galement fin 2023, licence amateurs puis licence pro dĂ©livrĂ©es, mais obstacles persistants pour boxer en France.
  • PrĂ©paration en camp thaĂŻlandais : deux sĂ©ances par jour, chaleur extrĂŞme, sparring intense pour travailler cardio boxe, technique de frappe et mental de boxeur.
  • Objectif clair : enchaĂ®ner trois combats pros en ThaĂŻlande, prouver sa lĂ©gitimitĂ© sur le ring et inspirer tous ceux qui doutent encore de leur place dans le sport.

Maho Bah-Villemagne en Thaïlande : un premier combat pro qui dépasse la boxe

Quand un boxeur transgenre français choisit de faire ses débuts professionnels en Thaïlande, ce n’est pas du tourisme sportif. C’est un choix stratégique, presque vital. Phuket, c’est l’un des épicentres mondiaux des sports de combat : camps pleins de fighters internationaux, rings montés pour des galas tous les soirs, et une culture où on juge d’abord ce que tu fais entre les cordes, pas ce qui est écrit sur ta carte d’identité. Pour Maho, ce premier combat pro est la concrétisation d’années de lutte silencieuse.

Le format est simple et brutal : quatre rounds dans la catégorie des 57 kg, sans pesée officielle, sur la base de la confiance. C’est à la fois archaïque et ultra-direct : tu annonces ton poids, le matchmaker te trouve un adversaire de niveau et de gabarit similaires, et le reste se règle sur le ring. Maho a insisté pour affronter un boxeur de son niveau, pas une star locale ni un débutant sacrifié. L’idée n’est pas de faire un coup médiatique, mais de poser une vraie performance sportive.

Le contexte rend l’enjeu encore plus lourd. En France, les conversations sur la transidentité dans le sport sont souvent coincées entre polémiques de réseaux sociaux et réglementations ultra-complexes. En Thaïlande, le regard est différent : les promoteurs tapent le nom de Maho sur Google, découvrent son histoire, et décident de le juger sur son palmarès amateur. Pas besoin de dossier interminable, juste d’un historique de combats. C’est à la fois déroutant et rafraîchissant pour un athlète qui a longtemps eu l’impression de devoir se justifier en permanence.

Ce premier combat pro ne concerne pas seulement la communauté trans ou le milieu militant. Il envoie un message plus large à tous ceux qui pratiquent la boxe anglaise, la boxe thaï ou n’importe quel sport de combat : la légitimité ne se quémande pas, elle se gagne en montant sur le ring, en acceptant le risque de la défaite sous les néons et les cris du public. Chaque coup pris ou donné raconte une histoire plus forte que n’importe quelle déclaration de plateau télé.

Et pour les boxeurs débutants, le symbole est clair : ce n’est pas ton parcours qui te définit, c’est ce que tu choisis d’en faire. Tu peux démarrer tard, changer de catégorie, traverser une période de galère, peu importe. Tant que tu continues à bosser, à chercher un ring, à te présenter face à un adversaire, tu restes dans le game. Cette première soirée pro de Maho, à Phuket, c’est exactement ça : une preuve que le ring reste l’endroit où tout se remet à zéro.

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Pourquoi la ThaĂŻlande est devenue le ring de ce combat symbolique

La Thaïlande n’est pas seulement un décor exotique pour poster des photos d’entraînement. C’est un laboratoire du lifestyle boxeur poussé à l’extrême : réveil tôt, footing en plein soleil, sac, paos, sparring, sieste, repas simples dans les stands de rue, retour à la salle, et recommencer. Pour un boxeur qui cherche à forger un mental solide et un cardio boxe de haut niveau, c’est un environnement idéal… à condition d’accepter d’en baver.

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Maho s’est posé au Kru Oh Muay Thai, un camp connu pour accueillir des combattants de plusieurs pays. L’entraîneur français sur place, Steven Juquin, sert de repère dans cet univers intense mais structuré. Deux fois par jour, Maho alterne shadow boxing, travail au sac, leçons techniques, puis sparring avec des partenaires habitués à mélanger boxe anglaise et coups de coude ou de genou typiques du Muay Thai. Ça force à être vigilant, à serrer sa garde, à muscler sa lucidité.

La chaleur est un adversaire en plus. À plus de 30°C dans la salle, chaque round devient une bataille mentale autant que physique. Sa première séance l’a mis dans le rouge niveau cardio. Impossible de tricher : si ton mindset sportif n’est pas solide, tu craques. Pourtant, au fil des jours, les rounds s’enchaînent mieux. Deux fois quatre rounds, puis un sparring sur six reprises complètes. Résultat : le corps suit, l’esprit se rassure, la confiance remonte. C’est exactement ce que doit apporter un vrai camp d’entraînement boxe.

La logistique quotidienne raconte aussi la réalité de ce choix. Hôtel à quinze minutes à pied de la salle au début, puis déménagement dans un bungalow plus proche pour économiser l’énergie. Petits-déjeuners composés seulement de fruits, repas pris dans les gargotes de rue, hydratation constante pour ne pas imploser au milieu des paos. Rien de glamour, tout est orienté vers une seule chose : arriver sur le ring léger, affûté, avec un cerveau clair.

Au final, ce premier combat pro en Thaïlande n’est pas un simple événement sur une affiche. C’est l’aboutissement logique de semaines à répéter les mêmes gestes, à serrer les dents dans la chaleur, à douter parfois, mais à continuer à se pointer au gym. Le ring, ce soir-là, ne jugera pas l’identité de Maho. Il jugera sa préparation, sa discipline et sa capacité à rester lucide sous pression.

Du ring amateur en France à Phuket : le parcours d’un boxeur transgenre qui refuse d’abandonner

Avant le soleil écrasant de Phuket, il y a eu la lumière crue des rings français. Maho n’est pas apparu par magie dans cette catégorie des 57 kg chez les hommes. En 2022, il est finaliste des championnats de France amateurs en -52 kg… chez les femmes. Ce jour-là, il affronte Wassila Lkhadiri, future quart-de-finaliste aux Jeux Olympiques de Paris. Défaite aux points, mais une vraie performance de haut niveau. C’est la dernière grande étape de son parcours dans le circuit féminin.

Après cette finale, le chemin bascule. Sa transition personnelle s’accélère, et le 22 décembre 2023, un jugement vient officiellement acter son changement d’état civil. Sur le papier, c’est une ligne ajoutée dans un dossier. Dans la réalité, c’est un tournant identitaire, social, sportif. À partir de là, impossible de continuer à boxer comme avant. Il faut tout reconstruire : le classement, la catégorie, la perception des autres boxeurs et des dirigeants.

La fédération lui délivre une licence amateurs masculine. C’est une première étape énorme : enfin, il peut monter sur le ring en tant qu’homme, être annoncé comme tel, boxer torse nu, se tenir dans le même coin que les autres sans devoir s’excuser d’exister. Mais la suite est rude. Quatre combats amateurs en 2024, tous à Marseille, tous perdus. Sur le papier, ça ressemble à une série noire. Dans la peau d’un boxeur, c’est une tempête mentale.

Ces quatre défaites, il faut les comprendre dans leur contexte. Changement de catégorie, adaptation hormonale, modifications physiques, nouvel environnement compétitif, adversaires aguerris… Le corps ne répond plus exactement comme avant, les timings sont différents, la puissance évolue, le cardio se cherche. Beaucoup auraient pris ces revers comme la preuve qu’ils n’étaient “pas faits pour ça”. Lui, au contraire, y voit un passage obligé, un apprentissage accéléré du haut niveau masculin.

La fédération finit par lui accorder une licence professionnelle. Sur le papier, le verrou est levé. Dans les faits, organiser un combat pro en France pour un boxeur transgenre reste extrêmement complexe. Entre les règlements, les questionnements des commissions médicales, la frilosité de certains promoteurs, le projet traîne. C’est là que Phuket devient une évidence : plutôt que d’attendre qu’un feu vert abstrait tombe d’un bureau parisien, Maho préfère aller là où les combats se signent vite et se déroulent vraiment.

Ce basculement raconte quelque chose d’important sur le mindset combat. Quand le système bloque, tu as deux options : te plaindre en boucle, ou trouver un autre chemin. Maho choisit de changer de pays, de langue, de cadre, pour continuer à faire vivre sa carrière. C’est une leçon directe pour n’importe quel sportif ou entrepreneur : si une porte ne s’ouvre pas, il existe d’autres salles, d’autres rings, d’autres marchés. L’important, c’est de rester dans l’action.

Une trajectoire faite de transitions, de pertes et de gains

Entre la finale nationale féminine et le premier combat pro masculin, le fil conducteur n’est pas la polémique, mais la persévérance. Il y a un passage souvent oublié : celui de l’acceptation de nouveaux repères. Dans la boxe, tout est calibré sur la sensation : distance, rythme, puissance, gestion du souffle. Quand ton corps se transforme, tu dois réapprendre à ressentir tout ça. C’est comme passer d’un style de boxe à un autre, sauf que cette fois, c’est ton identité qui est au centre.

Le mental de boxeur, c’est ce qui évite de sombrer quand la fiche de résultats est remplie de défaites. Chaque montée sur le ring amateur masculin, même perdue, devient un test : est-ce que l’envie est toujours là ? Est-ce que le plaisir de boxer existe encore au milieu des doutes ? La réponse, pour Maho, est clairement oui, puisqu’il décide de monter encore plus haut : passer pro et partir à l’étranger pour prouver sa valeur.

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Cette capacité à continuer malgré tout montre une chose : le classement, la fiche de combats, ce n’est pas toute ton identité de fighter. Tu peux être en série de défaites et rester un vrai boxeur si tu gardes ta discipline, ton envie d’apprendre, ton respect du sport. C’est souvent là que se fait la différence entre ceux qui disparaissent après quelques années et ceux qui tiennent dans la durée.

À travers ce parcours, beaucoup de pratiquants, débutants ou confirmés, peuvent se reconnaître, même sans vivre une transition de genre. Changer de catégorie, revenir après une blessure, reprendre le sport après plusieurs années d’arrêt, c’est toujours une forme de renaissance sportive. Les mêmes questions apparaissent : “Est-ce que j’ai encore le niveau ? Est-ce que je suis légitime ? Est-ce que les autres vont me prendre au sérieux ?” La seule réponse valable, c’est celle donnée entre les cordes.

Ce fil rouge de résistance, de reconstruction et d’action explique pourquoi ce premier combat pro en Thaïlande a une portée qui dépasse largement son résultat. Qu’il gagne ou qu’il perde, le vrai message est déjà envoyé : il refuse de disparaître.

Une préparation de fighter : entraînement, nutrition et mental avant Phuket

Un combat pro, même sur quatre rounds, ne s’improvise pas. Encore moins quand on arrive dans un pays avec un climat violent, des sparrings agressifs et un rythme de vie centré uniquement sur la performance. La préparation de Maho, à Phuket, ressemble à ce qu’on attend d’un vrai lifestyle boxeur : simple, répétitif, exigeant. Pas de fioritures, pas de gadgets. Juste des gants, des rounds et un plan clair.

Les journées sont rythmées par deux entraînements quotidiens d’environ deux heures. Le matin, focus sur le cardio boxe et la mise en route du corps : footing léger ou corde à sauter, shadow boxing, technique devant le miroir. L’après-midi ou le soir, la séance monte en intensité : travail au sac lourd pour la puissance, paos pour le rythme, puis sparring contrôlé. Ce volume d’entraînement forge autant les muscles que le mental. Quand tu répètes les mêmes gestes sous la chaleur, tu apprends à rester propre même quand tu es épuisé.

Le sparring joue un rôle crucial. Trois grosses séances : deux fois quatre rounds, puis une fois six. C’est là que Maho mesure concrètement si son cardio tient, si sa technique de frappe reste efficace sous pression, et s’il peut encaisser les coups d’adversaires qui ont parfois plus d’expérience dans les sports de combat locaux. Rien ne remplace cette simulation presque réelle du combat. Tu peux faire tout le sac que tu veux, si tu ne vas jamais en opposition, le choc du fight va te surprendre.

Côté nutrition du fighter, pas de plan ultra-complexe, mais une logique efficace. Petit-déjeuner uniquement à base de fruits pour rester léger, hydraté, sans plomber l’estomac. Déjeuners et dîners pris dans les petits restaurants de rue, avec une priorité simple : du riz, des légumes, des protéines, et assez de calories pour tenir deux séances par jour. C’est la vie de camp : tu manges pour t’entraîner, pas pour Instagram.

Le choix du logement colle aussi à cette logique. D’abord un hôtel à une quinzaine de minutes à pied du camp. Rapidement, Maho bascule vers un bungalow juste à côté de la salle. Moins de marche, plus de récupération, moins de tentations de flâner. Toute la vie tourne autour du gym. Pour beaucoup, ça semble extrême. Pour un boxeur en phase de préparation, c’est simplement cohérent.

Technique, routine et mental de boxeur : les piliers de sa préparation

L’entraînement de Maho ne se résume pas à “se donner à fond”. Il repose sur trois piliers indispensables à tout combattant, pro ou amateur :

  • Technique de boxe : rĂ©pĂ©tition des gestes de base, prĂ©cision du direct, travail du jab comme guide, dĂ©placements propres pour rester hors de portĂ©e.
  • PrĂ©paration physique : cardio, renforcement, capacitĂ© Ă  maintenir l’intensitĂ© sur plusieurs rounds malgrĂ© la chaleur et la pression.
  • Mindset sportif : gestion du stress, transformation du doute en concentration, capacitĂ© Ă  rester dans le plan de combat sans se disperser.

Ce trio, c’est ce qui sépare les fighters qui durent des comètes qui s’éteignent vite. Tu peux avoir une belle technique, si ton cardio explose au deuxième round, tu deviens une cible. Tu peux être un monstre physiquement, si tu perds tes nerfs dès que tu prends un jab propre, tu te fais démonter. Le mental, lui, tient tout ça ensemble. C’est particulièrement vrai dans le cas de Maho : il sait qu’il sera observé différemment, que chaque erreur sera scrutée. Son seul bouclier : une concentration à toute épreuve.

Pour un lecteur qui cherche à progresser en entraînement boxe, cette préparation donne une vraie leçon : pas besoin d’inventer des routines miracles. Construis ton quotidien autour de quelques fondamentaux solides et répète-les. Tu peux t’inspirer de ce modèle en adaptant le volume à ton niveau :

  1. Une séance technique (shadow, sac, déplacements) centrée sur la précision.
  2. Une séance plus intense (sac lourd, paos, sparring léger) pour simuler la pression.
  3. Une hygiène de vie simple : sommeil, hydratation, alimentation propre et régulière.

Tu n’as pas besoin d’être à Phuket pour appliquer ça. Tu as juste besoin de discipline et d’honnêteté avec toi-même. Si tes journées sont alignées avec tes objectifs, tu progresses. Sinon, tu stagnes. La boxe ne ment jamais longtemps.

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Élément Choix de Maho à Phuket Ce que tu peux adapter chez toi
Fréquence d’entraînement 2 séances par jour, 6 jours sur 7 3 à 5 séances par semaine selon ton niveau
Type de travail Shadow, sac, leçons, sparring régulier Technique, sac, exercices de cardio et sparring encadré
Nutrition Petit-déj fruits, repas simples de rue Alimentation équilibrée, peu transformée, adaptée à ton entraînement
Environnement Bungalow proche du camp, vie centrée sur le gym Limiter les distractions, choisir une salle où tu peux être régulier
Objectif mental Arriver serein pour un premier combat pro symbolique Progresser à chaque session, préparer un objectif concret (compétition, sparring dur, etc.)

En regardant cette préparation, on comprend mieux pourquoi ce premier combat pro n’est pas un caprice, mais l’aboutissement d’un vrai travail de fond. Le résultat comptera, mais le processus compte déjà autant.

Mental de boxeur et pression médiatique : encaisser les regards sans perdre le focus

Dans le cas de Maho, le combat commence bien avant le premier gong. Être le premier boxeur transgenre français à se lancer dans le professionnel, ça veut dire porter une étiquette que beaucoup vont regarder avant même de voir un seul jab. Entre les articles, les réactions en ligne, les débats à distance, la tentation serait grande de se perdre dans l’image au lieu de se concentrer sur la réalité : un homme, un adversaire, un ring.

Le mental de boxeur, c’est justement ce filtre qui permet de ne pas se laisser bouffer par la pression extérieure. À Phuket, Maho n’est pas là pour alimenter la polémique. Il est là pour travailler, pour montrer concrètement ce qu’il vaut. Ses journées sont remplies de choses simples : s’entraîner, récupérer, manger, dormir. Toute son identité de sportif se reconstruit autour de ces actes. C’est ce que beaucoup de fighters oublient à l’heure des réseaux : plus tu te connectes au bruit extérieur, moins tu entends ce que ton propre corps te dit.

Ce qui frappe dans sa démarche, c’est cette idée répétée : “Je ne suis pas en Thaïlande pour rigoler.” Cette phrase résume un état d’esprit. Il sait qu’il est observé, mais refuse le rôle de mascotte ou de symbole vide. Il veut être jugé sur son sérieux, sur sa rigueur, sur le fait qu’il accepte de monter face à un autre gars dans une ville qui n’est pas la sienne. C’est une leçon pour tous ceux qui pratiquent la boxe débutant ou confirmée : ton engagement se voit dans la façon dont tu te prépares, pas dans la façon dont tu te racontes.

Ce mental-là ne se construit pas dans les livres. Il se forge dans les moments de doute : quand la chaleur te coupe les jambes, quand tu prends une série de coups propres en sparring, quand tu rentres au bungalow crevé et que tu sais que le lendemain, il faudra remettre ça. C’est à ce moment-là que tu décides si tu continues ou si tu te cherches des excuses. La plupart décrochent à ce stade. Les vrais fighters, eux, serrent les dents et reviennent.

Ce que son histoire dit de ton propre mindset

Tu n’es pas obligé de vivre une transition, de partir à Phuket ou de boxer pro pour te reconnaître dans cette histoire. Si tu lis ces lignes, c’est que tu as, quelque part, cette envie de motivation sport qui ne soit pas juste une phrase motivante sur un mur. Le parcours de Maho te met face à quelques questions simples :

  • Est-ce que tu multiplies les excuses… ou est-ce que tu cherches des solutions ?
  • Est-ce que tu t’entraĂ®nes seulement quand tu es motivé… ou aussi quand tu es fatiguĂ©, contrariĂ©, pressĂ© ?
  • Est-ce que tu acceptes de perdre, de galĂ©rer, de douter… tout en continuant Ă  avancer ?

Un mental de boxeur, ce n’est pas être invincible. C’est accepter d’être vulnérable, exposé, mais debout. Maho sait qu’il peut perdre ce combat en Thaïlande. Il sait aussi que certains utiliseront une éventuelle défaite pour “prouver” ce qu’ils ont déjà décidé de croire. Pourtant, il monte quand même. C’est ça, le courage sportif : faire face sans garantie.

Dans ta vie à toi, ça peut vouloir dire oser t’inscrire à ton premier sparring, monter sur le ring pour un gala amateur, pousser la porte d’une salle alors que tu n’as jamais mis de gants. Tu n’as pas besoin de faire la une des journaux pour vivre ce genre de défi. Mais tu peux t’inspirer de cette attitude : arrête d’attendre le moment parfait, crée-le.

À la fin, ce qui marque, ce n’est pas seulement l’identité de Maho, ni même son niveau technique. C’est cette phrase silencieuse qu’envoie chaque fighter qui refuse de lâcher : “Je me relève.” Et ça, peu importe qui tu es, tu peux décider de l’appliquer dès aujourd’hui.

Qui est Maho Bah-Villemagne dans le monde de la boxe ?

Maho Bah-Villemagne est un boxeur français, transgenre, qui a d’abord évolué dans le circuit amateur féminin avec, notamment, une finale des championnats de France en -52 kg en 2022. Après la reconnaissance légale de sa transition, il a obtenu une licence amateur masculine, puis une licence professionnelle. Il s’apprête à disputer son premier combat pro chez les hommes à Phuket, en Thaïlande.

Pourquoi son premier combat professionnel a lieu en ThaĂŻlande et pas en France ?

Même si une licence professionnelle lui a été délivrée, organiser un combat pro en France pour un athlète transgenre reste complexe sur le plan administratif et organisationnel. En Thaïlande, le système est plus direct : les promoteurs regardent surtout le palmarès et l’état de forme. Phuket, avec ses nombreux camps et galas, offre à Maho la possibilité d’enchaîner rapidement plusieurs combats pros et de faire vivre sa carrière sans attendre.

Comment Maho se prépare à son combat à Phuket ?

Sa préparation repose sur deux entraînements quotidiens d’environ deux heures dans un camp de Muay Thai à Phuket. Au programme : shadow boxing, travail au sac, leçons techniques, sparring régulier et adaptation à la chaleur (plus de 30 °C). Côté mode de vie, il vit près de la salle, prend des petits-déjeuners légers à base de fruits et mange dans les stands de rue, en gardant une alimentation simple et adaptée à son volume d’entraînement.

Son statut de boxeur transgenre lui donne-t-il un avantage ou un désavantage ?

Sur le plan physiologique, la transition et l’adaptation au circuit masculin peuvent représenter un défi : changements hormonaux, évolution de la masse musculaire, du cardio et du ressenti en combat. Maho ne revendique aucun avantage particulier ; au contraire, il sait qu’il peut être perçu comme désavantagé physiquement face à certains adversaires. Son objectif est d’être jugé sur sa préparation, sa technique et son mental, pas sur des projections théoriques.

Que peuvent apprendre les boxeurs débutants de son parcours ?

Les boxeurs débutants peuvent retenir plusieurs leçons : accepter les défaites comme partie intégrante du chemin, rester discipliné même quand le contexte est compliqué, ne pas attendre que le système soit parfait pour agir, et construire un vrai mental de boxeur en se confrontant régulièrement au ring. L’histoire de Maho rappelle qu’il n’y a pas de parcours linéaire : l’important, c’est de rester en mouvement, de bosser et de continuer à monter sur le ring.

Source: www.lequipe.fr

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